À l’approche des élections municipales, le récit d’une France coupée en deux, villes contre campagnes, « quartiers » contre « territoires », « assisté·es » contre « travailleur·euses », revient en force. Cette opposition simpliste n’a rien de neutre : c’est une construction politique, historiquement portée par la droite et l’extrême droite, qui cherche à désigner des boucs émissaires et à mettre les populations en concurrence.

Ce discours fragmente le monde du travail, détourne la colère des vraies responsabilités (austérité, casse des services publics, inégalités sociales) et alimente des logiques clientélistes.

Nos réalités sont bien plus complexes : précarité, déserts médicaux, manque de services publics, sentiment d’abandon de l’État touchent autant les quartiers populaires que les petites villes ou les zones rurales. Opposer les territoires ne sert qu’à masquer les causes sociales et structurelles.

En Seine-Saint-Denis, ces ressorts sont particulièrement visibles. Les campagnes municipales réactionnaires instrumentalisent les difficultés sociales pour stigmatiser les habitant·es : discours sécuritaires, clichés sur « l’assistanat », attaques contre les solidarités et contre les services publics. De Montfermeil au Blanc-Mesnil, en passant par Aulnay, on voit se multiplier des positionnements qui reprennent les codes et les thèmes de l’extrême droite pour opposer plutôt que protéger.

L’École est devenue une cible privilégiée. Les attaques contre les programmes EVARS sont quasi systématiques, au nom de prétendues « valeurs locales » ou d’une offensive conservatrice contre l’égalité et l’émancipation. On observe aussi des tentatives d’entrisme des municipalités : pressions sur les contenus pédagogiques des écoles, remise en cause des programmes nationaux, choix ou censure de manuels, interventions idéologiques, volonté de territorialiser l’Éducation nationale. Ces dérives fragilisent le cadre national, l’égalité de traitement des élèves et la liberté pédagogique des équipes.

Dans le même temps, les agent·es territoriaux·ales subissent une situation de plus en plus difficile : sous-effectifs, précarité, pressions hiérarchiques, instrumentalisation politique des services municipaux. Elles et ils sont en première ligne de politiques locales qui dégradent les conditions de travail et le service rendu aux usager·es.

Notre rôle militant est clair :

refuser ces divisions artificielles ;

défendre un cadre national protecteur pour l’École et les services publics ;

soutenir les collègues, titulaires comme précaires, d’État et territoriaux·ales ;

rappeler que les réponses sont sociales, collectives et solidaires ;

construire des convergences entre territoires plutôt que des concurrences.

Pour outiller les équipes locales, plusieurs supports existent déjà : trame nationale VISA, communiqué FSU 93 Aulnay, article « Pour le 93 » sur Montfermeil, affiche VISA 93 pour Blanc-Mesnil. Nous invitons les militant·es à s’en saisir et à les décliner dans le cadre des intersyndicales locales afin de construire des ripostes collectives et visibles sur chaque territoire.

À nous de porter un autre récit : celui des solidarités, de l’égalité et du service public pour toutes et tous.

Ressources à disposition des militant-es :

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